L’alternance dans le supérieur, un choix à étudier de près

Privilégiée depuis longtemps dans la voie professionnelle et les formations avant le bac, dans les secteurs tels que l’artisanat, l’agriculture, le BTP ou l’industrie, l’alternance se développe...

Privilégiée depuis longtemps dans la voie professionnelle et les formations avant le bac, dans les secteurs tels que l’artisanat, l’agriculture, le BTP ou l’industrie, l’alternance se développe dans quasiment toutes les filières désormais, et y compris dans les études supérieures. Un dispositif « vertueux » pour tous.

La formation d’ingénieur de l’École nationale de l’aviation civile (Enac), le Programme Grande École de Montpellier Business School (MBS), ou encore celui de l’École de journalisme de Toulouse… Autant de diplômes qui peuvent être préparés en alternance !
Boostée par la réforme de 2018, qui a simplifié la création des centres de formation d’apprenti·es (CFA), par les récentes aides de l’État pour l’embauche des jeunes, mais aussi par les besoins en recrutement des entreprises, l’alternance est en forte croissance.
En contrat de professionnalisation ou en apprentissage, les candidat·es sont de plus en plus nombreux·euses à emprunter cette voie : 62 670[1] pour les seul·es apprenti·es en 2021 en Occitanie ! Et l’offre d’évoluer elle aussi fortement, du CAP au bac +5.

Des outils et des aides pour réussir votre alternance

Sur www.apprentissageenregion.fr
• Identifier l’ensemble des métiers accessibles par le biais de l’apprentissage
• Connaître les formations disponibles en région Occitanie
• Accéder aux offres de contrats disponibles sur le territoire

Sur www.laregion.fr/Aides-a-la-mobilite-europeenne-des-apprentis
• Financer une partie de votre apprentissage à l’étranger

L’alternance gagne du terrain

L’augmentation du nombre d’alternants est particulièrement sensible dans l’enseignement supérieur (62 % des apprenti·es en France). « Deux tiers de nos alternants sont désormais en formation post-bac, rapporte ainsi Elsa Seraphon, directrice du CFA de l’Union des industries et métiers de la métallurgie situé à Baillargues (34). Cela s’explique par notre offre elle-même, plus importante aux niveaux BTS, licence, diplôme d’ingénieur… qu’en CAP et bac pro. Mais cette tendance est également soutenue par la demande des jeunes, rassurés de pouvoir entrer ainsi progressivement dans la vie active. »

Choisir l’alternance, c’est en effet faire un premier pas dans le monde du travail, et opter pour l’acquisition « active » des savoirs. Pour Sophie Cazard, directrice de l’Institut régional de formation sanitaire et sociale de la Croix-Rouge française, qui a créé son CFA en 2020, « l’apprentissage permet d’acquérir des compétences sur des périodes plus longues, tandis que la part dédiée à la pratique est plus importante, ce qui convient davantage à certains jeunes ».

L’alternance, professionnalisante et « rassurante »

Gérard Jazottes, professeur de droit privé et sciences criminelles, et vice-président délégué à la formation professionnelle à l’Université Toulouse Capitole (1 385 alternant·es), observe, lui aussi, que l’alternance permet à des jeunes de bien réussir. « Mettre en pratique les enseignements en entreprise correspond aux profils qui ont besoin de concret.(…) C’est une façon différente d’apprendre qui correspond également bien aux jeunes qui manquent de confiance en eux, et que nous accompagnons ainsi jusqu’à l’obtention d’un Master 2. C’est une façon pour d’autres de financer leurs études. »

Car le coût de la formation est alors non seulement pris en charge par l’employeur, mais l’alternant·e est aussi rémunéré·e (entre 27 et 100 % minimum du Smic selon le type de contrat, son âge et son niveau). Un argument de poids !

Témoignage d’Enza, étudiante en BTS NDRC au CFA de Toulouse et assistante commerciale en alternance dans une maison d’édition

L’occasion de se former et… d’être recruté·e !

« J’ai clairement choisi MBS pour cette raison », explique Omar, 24 ans, en 2e année de son Programme Grande École (MBS est l’école de management française comptant le plus d’alternant·es) et en poste dans le cabinet de recrutement Epitech.

Jean-Christophe Wolmer-Guibaud et Camille Guitteau.

Il a aussi motivé Camille, 23 ans, à poursuivre son parcours en Master Direction artistique numérique à Lisaa, à Toulouse. « J’apprends des choses que l’on ne peut pas apprendre à l’école. Mon employeur me donne des responsabilités, ce qui est très motivant. Et puis je découvre le monde de l’entreprise, ce qui sera sûrement un plus pour décrocher mon premier emploi. » Un emploi qu’elle obtiendra peut-être dans la structure qui la forme aujourd’hui. « C’est dans cette logique que j’ai recruté deux apprenti·es cette année, dont Camille, explique Jean-Christophe Wolmer-Guibaud, co-fondateur de l’agence de communication web Iwego, installée dans le Tarn. Pour une TPE, le recrutement présente toujours un risque, et les aides de l’État m’ont bien sûr rassuré. Mais au-delà de cet effet d’aubaine, notre agence se développe et a besoin de ressources supplémentaires. Or, miser sur les jeunes me paraît intéressant car l’enrichissement est mutuel. »

Un choix gagnant-gagnant

Présente à Toulouse, Foix et Boussens, en Occitanie, VitescoTechnologies a elle aussi fait le pari de la jeunesse. Spécialisée dans le développement et la fabrication de solutions de systèmes intelligents et de composants pour les véhicules électriques, hybrides et thermiques, l’entreprise accueille de nombreux alternants : 53 contrats projetés en 2022. « Nous sommes positionnés sur les technologies de rupture et cela nous permet de former à nos spécificités métiers, en constante évolution. Les jeunes nous apportent également un regard neuf sur les véhicules, en lien avec leurs préoccupations, environnementales notamment », indique Jérémy Renou, talent acquisition leader pour l’équipementier. De fait, le succès de l’alternance tient beaucoup à cet échange gagnant-gagnant entre les jeunes, leurs structures d’accueil et d’enseignement. Mais il implique, à l’inverse, un engagement réciproque.

Les conditions de réussite, si…

Nathalie Delaborde, chargée de mission apprentissage pour le Greta CFA du Gard, rappelle d’ailleurs l’importance de la relation tripartite dans laquelle l’organisme, l’alternant·e et l’entreprise ont chacun·e leur rôle à jouer. « Nous veillons par exemple à ce que les missions confiées par l’employeur correspondent au référentiel du diplôme préparé, ou que le jeune ait une bonne attitude, adaptée à son travail. »

Le tuteur ou le maître d’apprentissage doit également donner de son temps. « Je suis passionné par mon métier et j’aime transmettre, donc ce n’est pas un problème pour moi, mais cela représente clairement un investissement », prévient Jean-Christophe Wolmer-Guibaud.

« Il faut être très vigilant lors de la recherche de son contrat et ne pas se précipiter, même si on a la pression, conseille Omar, notre étudiant de MBS. Prendre le temps de valider que l’environnement et les tâches confiées correspondent bien à ses attentes pendant la période d’essai. »

Une grosse capacité de travail et une bonne organisation sont également nécessaires de la part des jeunes qui choisissent cette voie exigeante mais « payante », tant en termes d’expérience que d’insertion. Près de neuf apprenti·es sur dix trouvent en effet un emploi dans les six mois qui suivent l’obtention de leur diplôme. C’est pour cette raison que la Région reste mobilisée pour l’essor de l’apprentissage. Un véritable passeport pour l’emploi !

L’alternance mode d’emploi

• Le contrat d’apprentissage
–        Pour les 16/29 ans (et au-delà si vous êtes reconnu·e travailleur·euse handicapé·e, sportif·ive de haut niveau ou avez un projet de création/reprise d’entreprise)
–        En CDD ou CDI
–        Dans toutes les entreprises
–        Rémunération minimum de 27 à 100 % selon l’âge et l’année de formation

• Le contrat de professionnalisation 
–        Pour les 16/25 ans (et au-delà si vous êtes demandeur·euse d’emploi, bénéficiaire du RSA, de l’AAH…)
–        En CDD ou CDI
–        Dans toutes les entreprises, hors fonction publique
–        Rémunération minimum de 55 à 100 %, selon l’âge et le niveau de formation

[1]« Les chiffres de l’apprentissage en 2021 », Ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion.